Réplique du CEPN à la lettre du gouvernement fédéral destinée aux signataires de la pétition.
Madame, Monsieur,
La présente fait suite à la réponse du gouvernement fédéral aux signataires de la pétition du Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN) concernant le sous-financement de l’éducation des Premières Nations.
Dans sa réplique, le ministre des Affaires indiennes et Nord canadien (AINC) indique que son ministère poursuit la réalisation de son plan d’action en matière d’éducation et que le mode de financement des écoles de bande fait partie de ses cibles prioritaires.
- Pourtant, son ministère, après cinq ans d’analyses, dispose de toutes les données nécessaires pour renouveler la formule de financement des écoles de bande des Premières Nations. Pourquoi alors n’y est-il toujours pas parvenu? Il ne semble pas vouloir passer à l’action.
- Comment peut-il expliquer que tous les gouvernements provinciaux ont été en mesure de se doter de formules de financement modernes qui tiennent compte des nouveaux développements en éducation, alors que le gouvernement fédéral n’y parvient pas?
- Comment peut-il expliquer que la formule de financement désuète des écoles des Premières Nations n’a même pas été indexée au coût de la vie depuis 1996?
- Comment peut-il également expliquer que les provinces, lors de réformes, peuvent ajouter du nouveau financement et que, tout en demandant aux Premières Nations de tenir compte de ces réformes provinciales, aucun nouvel investissement n’est pris en considération pour rendre cela possible?
Le ministre se vante en disant que son ministère s’est engagé à financer le développement de curriculum et l’achat d’équipement en lien avec un projet de création d’un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations.
- Cependant, il faut préciser que cela a été fait dans le cadre de pressions exercées au Forum socioéconomique des Premières Nations, en 2006. Lors de ce Forum, AINC accordait 3,8 millions de dollars à une université pour la création d’un pavillon des Premières Nations. Il a donc été forcé d’accorder des miettes au CEPN, soit un peu plus de 200 000 $ sur une période deux ans, et encore, ces miettes ont été puisées dans un programme déjà existant. Il ne s’agit aucunement de nouveau financement.
- Le Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord a d’ailleurs confirmé, dans son rapport de février 2007 sur l’éducation postsecondaire des Autochtones du Canada, ce que les Premières Nations dénoncent depuis nombre d’années déjà, c’est-à-dire que des conditions de financement précaires et inadéquates sont imposées aux établissements d’enseignement postsecondaire des Premières Nations d’un bout à l’autre du pays. Le gouvernement fédéral a entièrement ignoré les recommandations de ce rapport.
De plus, AINC se fait rassurant en affirmant qu’il a mis en place bien des comités et des initiatives qui unissent les Premières Nations et son ministère pour montrer ses engagements et aider les communautés à trouver des solutions à long terme.
- Comment le ministre peut-il alors expliquer que, dès l’arrivée de son gouvernement au pouvoir, le financement de ces mêmes comités auxquels il fait référence a été retenu pendant plus d’un an? Cela est survenu pendant la période la plus cruciale du renouvellement des autorisations des programmes d’éducation qui était prévu pour avril 2008, exercice du ministère qui s’est avéré un échec total.
En terminant, nous sommes convaincues que toute la stratégie du gouvernement fédéral est de maintenir des conditions de financement précaires des Premières Nations, tout en prétendant le contraire, pour attaquer leur crédibilité et favoriser l’intégration des systèmes d’éducation des Premières Nations avec les systèmes provinciaux.
Le gouvernement du Canada agit en violation flagrante du droit à l’autonomie des Premières Nations en matière d’éducation, lequel droit est reconnu dans les traités, ainsi qu’à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones qui stipule que les Premières Nations ne peuvent être forcées à l’intégration en matière d’éducation.
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