0 $ pour des établissements postsecondaires

Campagne de sensibilisation à l’éducation des Premières Nations

Le CEPN estime que la création d’un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations est essentielle pour accroître les possibilités d’instruction et améliorer les résultats des étudiants des Premières Nations. La création d’un établissement de ce genre donnera suite aux travaux préparatoires et de mise en œuvre qui se déroulent dans les communautés du CEPN depuis les vingt-cinq dernières années.

Même si les travaux des Premières Nations en matière d’éducation étaient d’abord axés sur l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire, le besoin d’avoir un établissement d’enseignement postsecondaire a toujours été reconnu puisqu’il entraîne des progrès dans les communautés.

Les Premières Nations du Québec avaient reconnu l’importance d’avoir leur propre établissement d’enseignement postsecondaire il y a plus de trente ans, lorsqu’elles ont mis sur pied le tout premier établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations au Canada, c’est-à-dire le collège Manitou, qui a fonctionné pendant environ cinq ans.

La fermeture du collège Manitou a entraîné une grande perte. Nous ne saurons jamais quels effets positifs le collège aurait eus sur les Premières Nations à long terme.

La fermeture soudaine du collège Manitou, au milieu des années 1970, a eu des effets importants sur les Premières Nations, notamment sur le plan du développement de la capacité humaine. En effet, la plupart des communautés des Premières Nations n’ont pas eu la capacité humaine nécessaire pour évoluer de façon proactive et substantielle comme cela aurait dû être le cas au cours des trente dernières années. Certes, si le collège Manitou était resté ouvert, le nombre de titulaires de diplômes d’études postsecondaires se situerait dans les milliers. La fermeture du collège Manitou a entraîné une grande perte. Nous ne saurons jamais quels effets positifs le collège aurait eus sur les Premières Nations à long terme.

La fermeture du collège Manitou signifiait également que les Premières Nations n’auraient désormais plus d’endroit central pour se rassembler en vue de discuter de leur réalité dans un climat de soutien et de confiance, ce qui a mené à la fragmentation et à la perte d’une voix collective et créatrice. Le résultat final se traduit par un nombre faible et inacceptable d’étudiants des Premières Nations qui ont pu accéder à l’enseignement postsecondaire ou terminer leurs études postsecondaires.

Il ne s’agit pas de devenir nostalgique lorsqu’on évoque le collège Manitou ni de prétendre que la réplique de ce collège est la solution idéale. Les communautés des Premières Nations ont grandement besoin d’une main-d’œuvre qualifiée qui a reçu une formation postsecondaire. De plus, les membres des Premières Nations veulent trouver des façons d’élargir leurs connaissances et de contribuer à leur société et à la société canadienne en général. Pour y parvenir, ils doivent avoir accès à des programmes de qualité qui respectent la culture, les langues et la vision du monde des Premières Nations. Le collège Manitou renfermait tous ces éléments et bien plus encore. La fermeture du collège Manitou représente la perte d’une grande occasion d’améliorer les résultats des étudiants.

Les Premières Nations ne veulent pas s’acharner sur ce qui n’a pas fonctionné. Elles veulent plutôt se servir de ce qui a bien fonctionné pour guider les orientations en matière d’éducation et progresser de façon substantielle à un moment critique pour elles.

Pourquoi les communautés membres du CEPN désirent-elles créer un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations pour les étudiants des Premières Nations?

Le CEPN sait très bien que des fonds, parfois généreux, sont accordés aux établissements d’enseignement postsecondaire non autochtones. Toutefois, les Premières Nations n’ont pas accès à ce niveau de financement. Par conséquent, elles ne peuvent pas créer ni faire fonctionner leurs propres établissements d’enseignement postsecondaire. Cette injustice, qui persiste, permet de s’assurer que les Premières Nations ne progresseront pas. Cette situation maintient le cycle de pauvreté qui existe dans beaucoup de Premières Nations. Il en sera ainsi jusqu’à ce que des changements substantiels, importants et visionnaires soient apportés aux orientations actuelles en matière d’éducation.

  • Le Québec fait partie des quelques régions du Canada où il n’existe aucun établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations géré uniquement par des Premières Nations. Plusieurs provinces comptent même plus d’un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations.

  • Bien que les établissements d’enseignement non autochtones aient fait quelques progrès concernant le soutien offert aux étudiants des Premières Nations, ils sont incapables de leur offrir un environnement qui leur permet de renforcer et, dans certains cas, d’établir leur identité. Par conséquent, les étudiants des Premières Nations doivent avoir une solution viable concernant la poursuite d’études postsecondaires.

  • Cette solution doit respecter et intégrer leur vision du monde, en plus de satisfaire aux exigences concernant les compétences qui s’appliquent aux établissements d’enseignement postsecondaire non autochtones.

  • Il faut réanimer le sentiment de fierté et la confiance en soi pour donner de l’espoir à tous les étudiants des Premières Nations.

  • Il faut accroître considérablement le nombre d’étudiants autochtones qui font des études postsecondaires. Il y a un besoin urgent de mettre en œuvre des mécanismes adaptés de soutien pour assurer la réussite des étudiants des Premières Nations.

  • L’enseignement postsecondaire est l’élément clé qui engendrera le dynamisme dont les Premières Nations ont besoin pour sortir du cycle de la pauvreté et prendre la place qui leur revient.

  • Il faut créer un endroit commun d’enseignement supérieur où les Premières Nations partageront, apprendront et discuteront, et où elles trouveront des solutions viables aux enjeux qui menacent toutes les Premières Nations. Ce genre d’environnement renforcerait la solidarité positive entre les Premières Nations et mènerait à la mise en place d’approches positives plus équilibrées, moins conformes, qui ne seraient aucunement conflictuelles.

Quels sont les coûts humains et financiers de l’inaction concernant la création d’un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations?

  • Le nombre d’étudiants des Premières Nations qui pourraient faire des études postsecondaires n’augmentera pas considérablement.

  • Les étudiants des Premières Nations ne disposeront pas d’une solution viable pour faire des études postsecondaires dans un environnement et une structure qui intègrent, valident et célèbrent leur statut unique en tant que membre des Premières Nations.

  • L’enseignement postsecondaire est l’élément clé qui engendrera le dynamisme dont les Premières Nations ont besoin pour sortir du cycle de la pauvreté et prendre la place qui leur revient.

  • Le fait de savoir que la possibilité de fréquenter un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations est nulle et continue de l’être n’encourage pas les étudiants à faire des études postsecondaires. Cela entraîne un sentiment accru de frustration.
  • Le statu quo ne serait pas maintenu et continuerait de régresser, alors que l’enseignement postsecondaire offre aux individus les outils nécessaires pour devenir plus autonomes.

  • Il faut investir maintenant dans une solution viable qui entraînera des résultats remarquables. Autrement, on continuera d’investir dans la gestion de la pauvreté en essayant d’enrayer ce problème.

Quelle est la vision générale de la création d’un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations?

  • Élaborer et implanter un programme préparatoire à l’entrée au collège de qualité et entièrement accrédité destiné aux Premières Nations qui permettra de faire la transition entre l’enseignement assuré dans la communauté et l’enseignement postsecondaire.

  • Consolider, reconstruire et renforcer l’identité culturelle et la confiance en soi qui sont liées à la vision du monde des Premières Nations.

  • Élaborer et implanter des programmes postsecondaires qui répondront aux besoins immédiats et à long terme des communautés en matière de ressources humaines.

  • Assurer l’intégration des habiletés et des compétences nécessaires pour créer la plate-forme qui permettra à tous les étudiants des Premières Nations de réussir leurs études postsecondaires. Grâce à une adaptation proactive et équilibrée, ils pourront jouer un rôle dans les communautés et dans la société en général.

  • Avoir un établissement d’enseignement postsecondaire géré par les Premières Nations tout en établissant des partenariats avec des établissements d’enseignement non autochtones pour profiter de leur expertise en vue de continuer à développer celle des Premières Nations.

  • Avoir des programmes d’enseignement postsecondaire de qualité accrédités qui représentent des modèles d’excellence.

  • Mettre en œuvre une approche holistique intégrée pour soutenir les étudiants des Premières Nations qui facilitera la transition entre l’enseignement assuré dans un établissement communautaire et l’enseignement offert dans un établissement postsecondaire, tout en permettant à tous les étudiants d’acquérir les outils nécessaires pour devenir plus autonomes et autosuffisants.

Pourquoi sommes-nous à une phase critique pour la création d’un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations?

  • Les communautés membres du CEPN reconnaissent que le nombre d’étudiants autochtones qui s’inscrivent dans des programmes d’enseignement postsecondaire de niveau collégial (cégep) a toujours été extrêmement faible ou nul et que le taux de réussite de ces étudiants qui fréquentent des établissements d’enseignement non autochtones est également très faible. Remarque : En 2005-2006, environ 1 100 étudiants autochtones étaient inscrits dans un programme d’enseignement postsecondaire à plein temps et environ 250 étaient inscrits à temps partiel. Le nombre d’inscriptions au niveau collégial est sensiblement le même que celui au niveau universitaire.

  • La plupart des dirigeants, des éducateurs et des parents des communautés membres du CEPN reconnaissent que, bien qu’il soit important d’avoir un diplôme d’études secondaires, il est essentiel que les membres des Premières Nations détiennent un diplôme d’études postsecondaires pour aller au-delà du statu quo.

  • Les Premières Nations aimeraient jouir de la même égalité d’accès aux occasions d’emploi que tous les autres Canadiens.

  • Les Premières Nations ont la capacité et l’infrastructure nécessaires pour commencer à gérer un établissement d’enseignement postsecondaire. Cela est le résultat de plus de vingt-cinq années de progrès en matière d’éducation dans les communautés.

  • Il faut donner aux communautés le goût de s’instruire, ce qui créera un sentiment d’espoir grâce aux occasions accrues qui en découleront.

  • Les données démographiques des Premières Nations confirment le besoin actuel et futur d’améliorer l’accès des étudiants des Premières Nations aux programmes d’enseignement postsecondaire.

  • La volonté et le désir des communautés des Premières Nations d’encourager la poursuite d’études postsecondaires s’inscrivent dans une approche biculturelle qui respecte la vision du monde des Premières Nations, contrairement à l’ancienne approche d’assimilation.

  • Les Premières Nations ont grandement besoin d’accroître le nombre d’étudiants qui détiennent un diplôme d’études postsecondaires, ce qui accroîtra, par le fait même, le nombre de modèles de comportement chez les Premières Nations.

  • Le temps est venu de combler l’écart de scolarisation qui sépare les Premières Nations des autres Canadiens.

Que veulent les vingt-deux communautés membres du CEPN?

  • Avoir des chances égales à celles données aux établissements d’enseignement postsecondaire non autochtones du Canada de créer et de maintenir un établissement d’enseignement postsecondaire des Premières Nations entièrement accrédité.

  • Recevoir le financement approprié de la part du gouvernement fédéral pour créer un établissement d’enseignement postsecondaire.

  • S’assurer que tous les étudiants des Premières Nations peuvent faire des études postsecondaires et réussir dans un milieu d’apprentissage de qualité qui respecte et intègre la vision du monde des Premières Nations.

  • Aller au-delà du statu quo de l’enseignement postsecondaire chez les Premières Nations.

  • Obtenir du financement et un engagement sans équivoque de la part de toutes les parties intéressées qui confirmera qu’elles appuieront les Premières Nations dans le cadre de la création, du maintien et du développement d’un établissement d’enseignement postsecondaire géré entièrement par des Premières Nations.